Journées de formation des 21 et 22 novembre 2024, Espace Reuilly Paris ou en visio

La prématurité : prendre soin et accompagner en 2024

À l’échelle mondiale, la prématurité est la principale cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans. Les inégalités en matière de taux de survie sont considérables.
La prématurité constitue également un enjeu de santé publique : en France un bébé nait prématurément toutes les dix minutes soit 50 000 naissances environ par an. La moitié des naissances prématurées est liée à une décision médicale et une grossesse gémellaire sur deux donne lieu à une naissance prématurée. L’organisation des naissances dans une maternité (niveau 2 ou 3) avec une équipe de réanimation pédiatrique sur place permet de les sécuriser au mieux.
Cependant, l’offre de soins est actuellement inférieure aux besoins avec une grande inégalité territoriale, le suivi de grossesse est parfois insuffisant, le tout est aggravé par une pénurie sévère du personnel soignant.

Depuis ces 20 dernières années, la vie d’un bébé en néonatologie a connu un grand changement, soutenu par des exemples étrangers (Suède) et l’engagement des parents dans des associations en France (SOS préma) comme à l’étranger.
La philosophie des soins s’est profondément modifiée à partir des années 90. Dès 1986 Heidelise Als et Thomas Brazelton ont conçu une échelle de développement du comportement de l’enfant prématuré. Elle a permis de mettre en place des soins individualisés.
La néonatologie moderne a été bouleversée par deux notions fondamentales : le nouveau-né est l’acteur de son développement et les parents sont les co-régulateurs naturels de leur enfant.
De nombreuses journées de l’ANECAMSP ont été organisées sur le thème de la prématurité. Dès l’année 2005 « Je suis né trop tôt » puis en 2009, 2016 et 2019. En 2015, la revue CONTRASTE publiait le numéro 41 intitulé « Naitre prématurément ».
Le défi à relever lors de ces prochaines journées est de mettre en lumière les dernières innovations qui sont principalement en lien avec la place des parents dans les soins de leur enfant. Celle-ci n’est plus une simple option mais est une obligation assurant la qualité de la santé de l’enfant. Ce changement de paradigme s’appuie sur des apports scientifiques.
La charte du nouveau-né hospitalisé a été inaugurée à l’occasion de la journée mondiale de la prématurité le 17 novembre 2021. Née sous l’initiative de la Société Française de Néonatologie et de l’association SOS préma « Ensemble, agissons pour que les bébés hospitalisés ne soient plus séparés de leurs parents », la charte se définit en 10 points. En fil rouge, la présence continue des parents est primordiale pour tout nouveau-né. L’article 8 insiste notamment sur la présence des parents dans la prévention et la prise en charge de la douleur : « Le nouveau-né bénéficie du rôle protecteur de ses parents dans la prise en charge de l’inconfort et de la douleur en étroite coopération avec les soignants ». Cette charte devrait permettre d’arriver au concept « zéro séparation ».
Nous explorerons l’organisation des soins de l’enfant et la façon dont les parents prennent leur place de thérapeute auprès de leur bébé après le traumatisme de la naissance. Dans ce contexte comment leurs liens se tissent-ils, accompagnés par les soignants ?
Ces derniers ont vu leur rôle se modifier : rester compétents sur le plan technique en présence et avec les parents, laisser aux parents leur place de « parents-soignants ». Ces évolutions nécessitent une transformation du soin avec une prise de conscience des émotions qui s’appuie sur un travail pluridisciplinaire.

L’arrivée à la maison constitue une autre étape fondamentale pour le bébé et ses parents, induisant un nouvel réaménagement pour l’ensemble de la famille. Les parents, le plus souvent, ressentent à la fois un soulagement et des craintes face à leur bébé. Vont-ils savoir-faire ?
Actuellement 10 services en France expérimentent la sortie précoce de néonatologie, avec l’intervention des soignants hospitaliers au domicile des parents.
Par ailleurs, le réseau périnatal, les pédiatres, les puéricultrices, les PMI vont accompagner cette période auprès des parents.
Les parents doivent pouvoir s’appuyer sur les professionnels et de nombreuses pratiques de guidance parentale ont vu le jour. Leur influence sur le développement global de l’enfant a été démontrée.

Enfin, si les bébés nés très prématurément (avant 28 semaines d’aménorrhée) et grands prématurés (entre la 28ème et la 32ème semaine d’aménorrhée) font l’objet de beaucoup de soins, nous porterons aussi attention au cours de ces journées aux bébés nés après 32SA et avant 37SA. Ils quittent la néonatologie le plus souvent sans suivi spécifique et leurs parents ne sont pas ou peu accompagnés.
Les troubles que peuvent présenter ces enfants relèvent de besoins multiples nécessitant d’être accompagnés par des structures qui sont en nombre insuffisant malgré les dispositifs récemment créés. Quoi de plus terrible pour des parents que de devoir inscrire leur enfant pour des soins adaptés « sur une liste d’attente » ?

Parce que la prématurité invite les acteurs de l’Action précoce à questionner leurs pratiques en matière de prévention et d’accompagnement, ces journées nous permettront d’actualiser nos connaissances, de confronter nos points de vue, de faire évoluer nos pratiques pour l’enfant et ses parents.


Bulletin d’inscription

-> Cette formation ne nécessite pas de prérequis. Elle s’adresse à tous ceux qui sont concernés par l’action précoce et la dynamique du développement de tous les enfants dans une société de droits.

-> Si vous avez des besoins particuliers en termes d’accessibilité universelle, contactez-nous.

-> En cas d’annulation après le lundi précédant la formation, l’inscription ne sera pas remboursée.

-> Durée : 12 heures (selon contenu du programme)

Les stagiaires s’engagent à participer à l’intégralité de la formation et à répondre au questionnaire préalable à la formation et à l’évaluation en ligne.